Les sculptures contemporaines en bronze de Jean-Philippe Tromme, sculpteur belge (Marchin, Huy, en Belgique, Province de Liège), composées de boites, openings, filters, lifelines, stratigraphies, BBX, SBX, BOAB, sont des créations artistiques internationalement connues.
Ma démarche actuelle de sculpteur se concentre sur la transformation de la matière et la multiplicité de sens et perceptions qui en découlent. La pièce au premier degré n’est qu’un prétexte, l’important est de saisir le reste, l’essentiel et l’imperceptible….Je mène une recherche sur l’espace et le vide, le contenu et le contenant, faite de pièces fines et tout en transparences, souvent à l’opposé de l’usage courant que l’on fait du bronze.

C’est en fin de compte un discours sur l’architecture et le lieu, que l’on retrouve aussi bien dans les intérieurs de OPENINGS ou dans la variété des espaces des BBX et SBX. L’utilisation du bronze trouve aussi tout son sens dans la finesse et la précision du rendu de la série FILTERS ou encore dans les installations LIFELINES qui s’étendent tels des chemins sans fin.

La majorité de mes pièces sont uniques et naissent dans mon atelier après un processus de création long et technique que je mène intégralement de la création du modèle jusqu’à la finition des pièces, en passant par la fabrication des moules et la coulée.

Extrait d'un article de Sylviane Lambermont:

Le leitmotiv de l’œuvre, essentiellement réalisée en bronze, repose sur la déstructuration puis sur la recomposition de la matière. Cette approche, presque une véritable obsession, Jean-Philippe Tromme l’applique aussi bien à ses ouvertures d’objets qu’à ses collages sculpturaux ou encore à la série de boîtes qu’il décline sous toutes les formes et selon tous les angles.

Ce qui importe c’est plus l’espace, le vide, que le contenu en bronze qui entoure l’intérieur de la sculpture. Le titre d’une des œuvres, « two suns », est particulièrement évocateur à ce sujet pour qualifier un bronze où deux ouvertures parfaitement rondes se font face. En fonction de l’orientation donnée à la pièce et de l’éclairage sous lequel on la regarde, c’est moins l’objet en tant que masse que son contour qui se donne à voir. La pièce au premier degré n’est qu’un prétexte, l’essentiel est de saisir qu’elle est bien davantage que la perception immédiate qu’on en a. C’est donc à un discours sur l’intérieur, sur les contours auquel se livre le sculpteur. La limite, qui détourne la vision de l’objet artisanal ou industriel pour y voir les vides et les perspectives, compose ainsi l’essence du message en laissant ouverte toutes les interprétations.

Toutes les pièces des principales séries suscitent une lecture à des niveaux variés.
Ses « têtes », réalisées pour l’essentiel avant 2009, sont d’abord modelées en terre puis, selon les cas, tordues, pliées ou fracassées à coup de marteau pour être ensuite remontées différemment. De la décomposition naît une réorganisation qui traduit l’évolution de l’âme humaine, les ruptures et blessures de la vie. 

La vaste série des collages sculpturaux, qui a occupé l’essentiel de l’année 2010, est rythmée par la symbolique des éléments associés, multiples et variés. Certaines réalisations associent la religion et les armes, l’influence sud-américaine où Jean-Philippe a passé son adolescence y est perceptible. D’autres proposent une ré-interprétation de bronzes classiques du XVIIIe siècle.

La série des boîtes, exprime l’évolution des objets, de leur vie. Un ensemble de 5 œuvres qui voit la transformation de la boîte d’origine en différents stades d’ouverture est particulièrement exemplatif de cette toute récente phase - 2011 - de l’activité de l’artiste. Certaines de ces productions pourraient être qualifiées de sculptures-bijoux ; de petites dimensions, guère plus d’une dizaines de centimètres, c’est en les manipulant sous tous leurs angles et dans la multiplicité de textures qu’elles révèlent leur richesse. S’y assimile un petit ensemble de plaques évoquant, en termes archéologiques, la succession des couches sédimentaires des remplissage de grottes ou, en terme plus prosaïque, les pages de livres écornés.

Sur le plan technique, Jean-Philippe Tromme privilégie la finesse du bronze qu’il travaille souvent en plaques très minces, dévoilant ainsi un savoir-faire de grande qualité qui, associé à une imagination débordante et à une inspiration féconde, contribue au charisme d’une œuvre de qualité et en devenir. Nombre d’amateurs et de collectionneurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompé.

BBX, BBX8, Bronze, 28*25*15cm, 2011 SBX, SBX11, Bronze, 16*12*9cm, 2011 B.O.A.B, B.O.A.B 3, Bronze, 27*17*12cm, 2011 OPENINGS, BOP1, Bronze, 27*20*13cm, 2011 FILTERS, F-4+5, Bronze, 54*37*26cm, 2011 LIFELINES, LL2, Bronze, 120cm, 2011 PLATES, PLII, Bronze, 95*70cm, 2012
J-Ph. TROMME
S C U L P T U R E S
BBX SBX B.O.A.B OPENINGS FILTERS LIFELINES PLATES